Les quatre sites de ce bien s’étendent sur une bande de 170 km de long et de 3 à 15 km de large, qui traverse la Belgique d’ouest en est. Il s’agit des sites les mieux conservés de l’exploitation charbonnière qui s’est étalée du début du XIXe siècle à la seconde moitié du XXe siècle. Le bien fournit des exemples de l’architecture utopique des débuts de l’ère industrielle européenne, dans le cadre d’un ensemble industriel et urbain architectural hautement intégré, notamment le charbonnage et la cité ouvrière du Grand-Hornu, dessinée par l’architecte Bruno Renard dans la première moitié du XIXe siècle. Bois-du-Luc comporte de nombreux bâtiments érigés de 1838 à 1909 et un charbonnage qui est l’un des plus anciens d’Europe car il remonte à la fin du XVIIe siècle. Bien que la Wallonie compte des centaines de charbonnages, la plupart ont perdu leurs infrastructures alors que l’intégrité des quatre composantes de ce site est restée élevée.
Justification :Le bien proposé pour inscription est considéré par l’État partie comme ayant une valeur universelle exceptionnelle en tant que bien culturel pour les raisons suivantes :
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La présence abondante de charbon dans le sous-sol de la Wallonie a permis un développement ancien de son extraction, à des fins domestiques et préindustrielles.
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L’exemple britannique de la révolution industrielle s’est diffusé précocement dans le bassin minier wallon, provoquant un décollage de l’industrie lourde dès le début du XIXe siècle. Celui-ci a été favorisé par l’usage régional traditionnel du charbon de terre, la proximité de l’exemple britannique, la possibilité de développer rapidement le transport des pondéreux par les canaux et par les chemins de fer.
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Les quatre sites sélectionnés témoignent de l’histoire de la révolution industrielle en Europe, depuis son arrivée sur le continent au début du XIXe siècle, puis lors de la seconde industrialisation, jusqu’à son déclin durant la seconde moitié du XXe siècle. Cette histoire a de multiples dimensions : technique, architecturale, sociale, paysagère et urbaine.
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Le bien témoigne des utopies constructives du XVIIIe siècle et de leur réalisation au cours du XIXe siècle dans le cadre des mines wallonnes, pour les bâtiments industriels et l’habitat ouvrier.
- Au XXe siècle, en recrutant une main-d’oeuvre immigrée nombreuse, les charbonnages ont été un lieu privilégié d’échanges et d’inter-culturalité dans le contexte du travail minier et industriel.
Les quatre sites en série proposés pour inscription sont complémentaires et ils sont exemplaires de l’histoire de l’industrie minière belge. Les deux premiers illustrent la naissance et le développement de ce type d’industrie au XIXe siècle, dans une vision architecturale et sociale globale, de type paternaliste. Les deux autres témoignent des développements techniques et des options architectoniques utilitaristes du début et du milieu du XXe siècle. L’ensemble apporte ainsi une grande cohérence analytique et typologique de la mine de charbon au cours des différentes phases de l’histoire industrielle contemporaine.
UNISCO