Mémoires de Fin d’Etudes
Etablissement
Université d’Alger 2 - Abou el kacem Saâdallah
Affiliation
Département des langues
Auteur
AMMI, Chafia
Directeur de thèse
Immoune Youcef (Docteur)
Filière
Science du langage
Diplôme
Magister
Titre
La cohérence discursive : approche pragmatique du discours psycho névrotique
Mots clés
Cohérence (linguistique); Patients dans les hôpitaux psychiatriques : blida (Algerie]
Résumé
La présente étude relève d’une recherche en analyse du discours d’une part et en pragmatique du discours d’une autre part. Elle porte sur la cohérence du discours pathologique. Nous essayons au cours de cette recherche de voir si les discours produits par les malades mentaux sont cohérents. Autrement dit, il est question d’analyser leur construction syntaxique, linguistique et discursive. Cette étude a pour visée de répondre aux questions suivantes : Les malades mentaux utilisent-ils des stratégies pour communiquer leurs intentions ? Respectent-ils l’enchaînement syntaxique et sémantique du discours ? Pour répondre à ces questions nous émettons trois hypothèses. Tout d’abord, le discours pathologique est cohérent. Il est de ce fait comparable aux autres productions discursives produites par les sujets parlants. Une autre hypothèse est liée au fait que les malades mentaux sont atteints de pathologies qui entravent le fonctionnement de leur système de pensée et donc leur discours est incohérent. Une troisième hypothèse pourrait être que les malades mentaux peuvent, parfois, produire des discours cohérents et presque poétique. Nous commençons ce travail par une partie théorique. Nous introduisons les notions de communication, de discours et de cohérence en expliquant les grandes théories sur les quelles nous appuierons notre analyse, notamment la théorie de la pertinence. Nous n’oublions pas cependant d’examiner les grands pôles de recherche en psychiatrie pour définir et classer les maladies mentales. La seconde partie est consacrée exclusivement à l’analyse du corpus que nous avons collecté au CHU de Blida. Nos analyses montrent que le discours pathologique est incohérent étant conditionné par le discours intermédiaire et le tact du psychiatre. Les sujets malades sont incapables de prendre en charge l’activité discursive ; les idées claires ne sont pas manifestes dans les représentations des patients. Ce décalage très perceptible entre représentation (discours) et réalité est confirmé grâce aux résultats suivants : La présence de marques de la cohésion dans le discours pathologique n’est pas un facteur suffisant pour garantir la cohérence du discours produit par les malades mentaux. Dans cette mesure, la cohérence ne peut être démontrée si nous limitons notre analyse à l’étude des anaphores et des connecteurs pragmatiques. La cohérence est donc une notion qui dépasse les marques linguistiques de la cohésion. Les malades mentaux ne respectent pas la cohérence car ils ont tendance à passer d’un sujet à l’autre et introduisent des informations sans se soucier du fait que l’interlocuteur ignore ce dont ils parlent. Ils font comme si les sujets abordés et les nouvelles annoncées étaient déjà connus de l’interlocuteur. Le discours pathologique est un discours ouvert, inachevé ; il se projette dans des espaces interactionnels virtuels parfois fictifs. La complétude interactionnelle est alors loin d’être réalisée, elle s’étend sur plusieurs séances (entretiens) et n’aboutit que si nous introduisons le discours intermédiaire. Les discours produits par les malades mentaux représentent des coq-à-l’âne très cohésifs dans la mesure où les patients ne peuvent pas communiquer les informations susceptibles d’aider l’interlocuteur à construire des hypothèses pour interpréter le discours ; ils n’ont pas de théorie de l’esprit. Donc ils ne peuvent pas prédire le comportement d’autres individus
Date de soutenance
2007
Cote
TH3.777
Pagination
174 p.
Format
30 cm
Notes
Support papier accompagné par CD-Rom
Statut
Traitée