Essai clinique - DATACOMT
Acronyme : DATACOMT
Investigateur coordonnateur : GRABLI David
Centre coordonnateur : AP-HP - Hôpital La Pitié-Salpêtrière
Titre : Dénervation dopaminergique et polymorphisme de la COMT chez les patients parkinsoniens de novo
Description
Le diagnostic de maladie de Parkinson a été récemment porté dans votre cas devant la présence de certains symptômes moteurs tels que le tremblement de repos, la lenteur des gestes et la raideur. La maladie de Parkinson est caractérisée par le vieillissement puis la mort prématurée et progressive d’une population de cellules du système nerveux (neurones) chargés de fabriquer une substance appelée dopamine qui joue un rôle de communication au sein du système nerveux (il s’agit donc d’un neurotransmetteur). Il faut en moyenne une perte de 50 % des neurones qui fabriquent la dopamine pour que les symptômes de la maladie apparaissent. De plus des données préliminaires conduisent à penser que suivant les individus, le seuil d’apparition des symptômes n’est pas toujours le même, certaines personnes développant ces symptômes alors que la perte est plus importante que chez d’autres. Ces observations suggèrent l’existence de mécanismes cérébraux permettant de compenser la perte des neurones dopaminergiques et possiblement de retarder l’apparition des symptômes de la maladie. L’objectif de cette étude est précisément d’étudier ces mécanismes qui permettent au cerveau de compenser la perte progressive des neurones fabriquant la dopamine. Parmi les nombreux mécanismes potentiels, cette étude s’intéresse spécifiquement au métabolisme de la dopamine. Le métabolisme d’un neurotransmetteur correspond à toutes les étapes chimiques nécessaires à sa fabrication (synthèse) puis à sa dégradation (catabolisme). Chacune de ces étapes est assurée dans le cerveau par des substances appelées enzymes. Parmi les différentes enzymes impliquées dans la dégradation de la dopamine, l’une est particulièrement importante. Il s’agit de la Catéchol-O-Methyl-Transférase (COMT). Cette enzyme est elle-même fabriquée selon un plan porté par un gène particulier. Dans la population, il existe deux variant différentes de ce même gène (polymorphisme), l’un codant pour une forme active de la COMT (désignée par le symbole COMTH) qui va dégrader rapidement et efficacement la dopamine et l’autre codant pour une forme moins active de la COMT (désignée par le symbole COMTL) qui dégrade la dopamine plus lentement. Chaque individu est porteur de deux exemplaires de chaque gène (appelés allèles). C’est également le cas pour le gène de la COMT. Pour un individu donné, il existe 3 possibilités (ou génotypes) en fonction du polymorphisme décrits plus haut. Il peut être porteur
- de deux exemplaires de la forme COMTH. Il s’agit d’individus désignés par le symbole COMTHH caractérisés par une dégradation rapide de la dopamine. On parle alors d’individus métaboliseurs rapides de la dopamine.
- de deux exemplaires de la forme COMTL. Il s’agit d’individus désignés par le symbole COMTLL caractérisés par une dégradation lente de la dopamine. On parle alors d’individus métaboliseurs lents de la dopamine
- d’un exemplaire de la forme COMTH et d’un exemplaire de la forme COMTL. Il s’agit d’individus désignés par le symbole COMTHL caractérisés par une dégradation intermédiaire de la dopamine.
D’après nos données préliminaires, il est possible que les sujets atteints de la maladie de Parkinson et porteurs du génotype COMTHH (métaboliseurs rapides) développent la maladie de Parkinson plus précocement que ceux porteurs du génotype COMTLL (métaboliseurs lents). Autrement dit, les sujets porteurs du génotype COMTLL (dégradation lente de la dopamine) pourraient compenser plus efficacement la perte des neurones fabriquant la dopamine que ceux porteurs du génotype COMTHH (dégradation rapide de la dopamine). Dans l’étude à laquelle nous vous proposons de participer, nous cherchons à vérifier cette hypothèse, ce qui pourrait permettre à terme de développer des traitements visant à retarder l’apparition des symptômes dans la maladie de Parkinson.
Pour répondre à la question posée dans la recherche, il est prévu d’inclure 51 patients (17 patients avec le génotype COMTHH, 17 patients avec le génotype COMTLL et 17 patients avec le génotype COMTHL) présentant une maladie de Parkinson débutante et n’ayant jamais reçu de traitement antiparkinsonien dans plusieurs établissements de soins, situés en France. Compte tenu de la répartition de ces différents génotypes de la COMT dans la population, la détermination du génotype devra être effectuée chez 76 patients au maximum afin de recruter les 3 groupes de 17 patients.
Type de recherche : RIPH Cat.1
N° d'enregistrement Clinical Trials : https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT02869945
Contact : URC Pitié-Salpêtrière (HUPSL)
urc.pslcfx.psl@aphp.fr