Essai clinique - CHIRURGENDO
Acronyme : CHIRURGENDO
Investigateur coordonnateur : DUVAL Xavier Marie
Centre coordonnateur : AP-HP - Hôpital Bichat
Titre : Chirurgie valvulaire très précoce versus traitement conventionnel dans la prévention du risque embolique chez les patients présentant une endocardite à haut risque embolique : un essai randomisé.
Description
Vous êtes actuellement hospitalisé(é) pour une endocardite infectieuse. L’endocardite infectieuse est une infection du cœur secondaire à la multiplication le plus souvent de bactéries au niveau des valves cardiaques. Son diagnostic est habituellement établi grâce 1/ à la réalisation d’une échographie cardiaque qui permet de visualiser l’infection (ou végétation) au niveau des valves cardiaques et 2/ à la détection dans le sang de la bactérie responsable.
L’endocardite infectieuse peut se compliquer d’une destruction plus ou moins importante de la valve cardiaque atteinte ainsi que de la migration dans le sang de morceaux de valves cardiaques infectées (embolies ou localisations secondaires).
Cette recherche porte sur le traitement des endocardites infectieuses. Ce traitement consiste A/ en la prise d’antibiotiques par voie intraveineuse actifs sur la bactérie pendant une durée prolongée (4 à 6 semaines, généralement), et B/ dans la majorité des cas par un traitement chirurgical (réparation ou remplacement de la valve).
En effet, pendant la phase aigüe de l’endocardite (les 4 à 6 premières semaines), 70% des patients ont une indication à être opérés.
Les raisons pour lesquelles il faut opérer un patient sont de 3 ordres :
1. La destruction de la valve cardiaque secondaire à l’infection est telle que le cœur n’est plus en capacité d’assurer son rôle de pompe ; il faut alors opérer immédiatement pour remplacer la valve détruite;
2. L’infection bactérienne n’est pas contrôlée par les antibiotiques au niveau de la valve, ce qui nécessite d’aller nettoyer l’infection chirurgicalement ; il faut opérer dans la première semaine;
3. Il existe une végétation de taille importante (≥10 mm) au niveau de la valve cardiaque, à risque de se détacher (créant un embole) ; il convient d’enlever cette végétation avant qu’elle ne se détache et migre (embolise dans le corps), en particulier au niveau du cerveau ; il faut opérer dans la première semaine.
Cette 3ème indication est la plus discutée car il n’existe que très peu d’arguments formels en faveur de cette stratégie. Cette opération doit être réalisée dans la première semaine, car le risque d’embole est maximal dans les deux premières semaines de traitement. Les avantages attendus de cette chirurgie précoce sont de limiter les risques emboliques. Ses inconvénients consistent en l’éventuelle survenue de complications de la chirurgie et en un risque de mettre en place une valve cardiaque artificielle (mécanique ou biologique) dans un milieu où le traitement antibiotique n’a pas agi dans sa globalité.
Vous vous trouvez dans cette 3ème situation, avec une végétation de taille supérieure à 10 mm.
Compte tenu du nombre très important de patients qui ont une indication à être opérés au cours de l’endocardite, cette recherche a pour but de vérifier si le fait d’anticiper (vous opérer dans les 72 heures) une opération qui devra probablement avoir lieu plus tard, permet de limiter la survenue d’évènements emboliques symptomatiques liés à l’endocardite infectieuse, sans être responsable d’effets indésirables (rechute de l’infection).
Pour répondre à la question posée dans la recherche, il est prévu d’inclure 208 personnes présentant une endocardite infectieuse, dans différents établissements hospitaliers français.
Type de recherche : RIPH Cat.1
N° d'enregistrement Clinical Trials : https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT03718052
Contact : URC Paris Nord Val de Seine (HUPNVS)